En 2017, Serax m’a lancé un drôle de défi : faire vivre ses objets du saut du lit jusqu’au coucher. J’ai choisi un lundi consacré à l’écriture, ponctué de thé, de café, d’un déjeuner rapide et d’un apéritif entre amies. Une journée ordinaire, donc, mais entourée de jolies choses.
Avec le recul, ce shooting raconte aussi quelque chose que je crois toujours : la belle vaisselle n’est pas faite pour attendre les grandes occasions. Un bol, une tasse ou un plateau suffisent parfois à transformer un moment banal. Je vous propose donc de revivre cette journée avec Serax, tout en décortiquant les astuces de stylisme cachées dans les images.
Petit déjeuner au lit : mélanger la vaisselle et les textiles
Ce matin-là, les flocons tombaient sur Paris. Même le chantier de la Sorbonne Nouvelle et son ballet de pelleteuses avaient un grain de magie. Je me suis donc installée dans mon lit, emmitouflée dans la couette, avec du granola, des kiwis et une boisson chaude.
La scène fonctionne grâce au contraste entre la vaisselle structurée et le lin volontairement froissé. Pour recréer cette atmosphère, je limiterais les accessoires à un plateau, un bol, une tasse et une cuillère. Les draps apportent déjà beaucoup de texture. Une palette de trois couleurs suffit : ici, le blanc, le bleu et le vert du kiwi.
Le plateau encadre aussi la composition et permet de déplacer l’ensemble sans transformer le lit en champ de miettes. Et si le vôtre manque de caractère, vous pouvez facilement personnaliser un plateau de petit déjeuner avec quelques motifs peints.




Pause thé : composer un décor avec très peu d’objets
La première tasse de thé a été partagée avec Clothilde, avec qui je travaillais alors sur un projet. Bonne résolution de début d’année, nous l’avions accompagnée de kiwis et de noix. Le principe reste simple : une boisson, un petit encas et quelques pièces choisies avec soin.
Pour éviter l’effet catalogue, je préfère laisser entrer les objets de la vraie vie dans le cadre. L’ordinateur raconte la journée de travail, les coquilles de noix rendent la scène plus spontanée et le tabouret en béton crée un contraste avec la petite vaisselle. Tout n’a pas besoin d’être parfaitment rangé ni centré. Un léger décalage donne souvent plus de naturel à la composition.



Déjeuner en solo : choisir une pièce qui donne le ton
Le lundi, je ne pouvais pas trop m’éterniser. J’ai donc mangé rapidement, seule sur le bar de ma cuisine ouverte. Mais repas express ne veut pas forcément dire vaisselle triste. Une assiette ou un bol graphique peut faire presque tout le décor.
Ici, le dessin de la vaisselle dialogue avec les carreaux de métro de la cuisine. C’est une astuce facile à reprendre : cherchez un rappel discret entre l’objet et la pièce, par la couleur, la forme ou la matière, plutôt que de tout assortir. Les irrégularités et les finitions artisanales de la vaisselle en grès naturel sont particulièrement efficaces pour donner du relief à une table très simple.

Dessert au bureau : réunir le pratique et le décoratif
Le dessert, chez moi, s’accompagnait presque toujours de thé ou de café et se dégustait face à l’écran. Le mug avec infuseur avait ici un vrai rôle pratique, mais sa transparence et sa double paroi apportaient aussi de la légèreté au milieu des objets du bureau.
Pour intégrer de la jolie vaisselle à un espace de travail, je conseille de réunir les éléments sur un petit plateau ou une planche. La composition reste lisible, le bureau se range en quelques secondes et l’on évite d’éparpiller tasses, cuillères et miettes autour de l’ordinateur. Les cannelés ajoutent la touche chaude qui réveille le blanc et le rouge de la scène.


Apéritif entre amies : jouer avec les hauteurs et les matières
À 19 h 30, mon amie Gaëlle a sonné à la porte. Entre deux bouchées de tomates séchées, nous répétions notre scène de 8 Femmes. Une heure plus tard, il fallait filer au cours de théâtre. Le ménage et la vaisselle attendraient !
Pour cet apéritif, j’ai réparti les aliments dans plusieurs coupelles plutôt que de poser un grand plat central. Les petites portions créent du rythme et permettent de mélanger le bois, le verre, la céramique et le terrazzo. Une planche surélevée ou un plateau suffit ensuite à varier les hauteurs.
Cette liberté convient bien à un apéritif, où chacun se sert et déplace les éléments. Pour un dîner plus structuré, quelques repères supplémentaires permettent de dresser une belle table sans la surcharger. Dans les deux cas, je garde toujours assez d’espace vide pour poser les verres et laisser les mains circuler.




Les 7 astuces de stylisme que je retiens de cette journée avec Serax
- Limiter la palette à trois couleurs pour garder une composition lisible,
- Associer au moins deux matières, par exemple la céramique avec du lin, du bois ou du verre,
- Varier légèrement les hauteurs avec un plateau, une planche ou une petite pile d’assiettes,
- Laisser des espaces vides afin que chaque objet puisse respirer,
- Utiliser les aliments comme des touches colorées plutôt que d’ajouter beaucoup d’accessoires,
- Conserver quelques traces de la vraie vie, comme un livre ouvert ou une coquille de noix,
- Sortir la belle vaisselle au quotidien, même pour un déjeuner en solo ou une simple pause thé.
L’objectif n’est pas de fabriquer une image parfaite. Il s’agit plutôt de repérer ce qui mérite d’être mis en valeur, puis de retirer le superflu. C’est souvent le petit décalage, le textile froissé ou l’objet vraiment utilisé qui rend une scène attachante.
Les pièces Serax utilisées pour le shooting
Dans la riche collection de Serax, j’avais utilisé une lampe Antonino, plusieurs bols, tasses et coupelles, une cuillère tamis, des planches à découper, un plateau Bram Boo, des vases, un plateau en terrazzo, le tabouret Marie et un mug avec infuseur. Certaines références appartiennent aujourd’hui aux archives de la marque, mais elles restent une belle source d’inspiration pour mélanger les usages et les matières.

Lampe Antonino // Bol // Cuillère tamis // Planche à découper // Plateau Bram Boo // Tasse // Coupelle // Vases // Plateau terrazzo // Tabouret Marie // Tasse Gobelet // Mug avec infuseur.
Ce challenge ne m’a pas transformée en blogueuse food : les plats venaient surtout de chez Picard et de mon très bon traiteur italien. Mais il m’a rappelé qu’une jolie composition ne dépend ni d’une recette compliquée ni d’un service complet. Quelques objets bien choisis, utilisés pour de vrai, suffisent à embellir toute une journée.
Photographies : Clem Around The Corner.

